Les chemins d’une amitié… linguistique

C’est Paul Robert, le créateur du renommé dictionnaire, qui m’a fait rencontrer Alain Rey pour la première fois.

C’était probablement au printemps de 1965. Je séjournais alors à Strasbourg pour y mener à bien les travaux et la rédaction d’un doctorat de linguistique, séminaires au Centre de philologie romane et rédaction de thèse sous la direction de Bernard Pottier, pour la partie syntaxique, et de Charles Muller, pour la partie statistique. M. Maurice Beaulieu, directeur de l’Office de la langue française (OLF) du Québec à l’époque, m’avait chargé d’une mission, celle de rencontrer les directeurs des principaux dictionnaires de la langue française publiés en France pour m’informer de la manière dont ils envisageaient le traitement des mots appartenant à des variantes dites « régionales » de la langue française, que ces variantes soient hexagonales ou périphériques, de Belgique, de Suisse ou du Québec, mais de langue maternelle. La direction de l’OLF cherchait alors comment elle pourrait pour ainsi dire valider des mots français de bonne facture en usage courant au Québec, et se demandait quel accueil ces mots recevraient ailleurs, notamment dans les dictionnaires publiés à Paris. Car, de l’avis généralisé des locuteurs du français à cette époque, un mot était « français » quand il figurait dans un dictionnaire publié en France, opinion largement répandue encore aujourd’hui.

Ce fut le thème de notre première conversation : comment, au Robert, se faisait la sélection des mots à inclure à la nomenclature du dictionnaire et, d’une manière plus spécifique, comment considérait-on les mots « régionaux », les mots du Québec en particulier, nettement moins bien connus qu’aujourd’hui et peu diffusés par une littérature alors naissante et mal distribuée en France. Aucun malaise pour répondre à la première question, dont la réponse était pour ainsi dire évidente, tout à fait fidèle à la tradition lexicographique française. Là n’était pas l’originalité qui distinguerait le dictionnaire en cours de rédaction, mais bien le réseau associatif que voulait y intégrer Paul Robert. La réponse à la seconde se révéla nettement plus hésitante. Manifestement, Paul Robert n’était pas préoccupé du statut lexical des mots français venant d’ailleurs, même des régions de France, au point d’avoir songé à définir une règle éditoriale précise qui guiderait leur prise en considération et leur traitement, le cas échéant. Nous étions plutôt dans le domaine de la sympathie, de l’opinion, du choix presque arbitraire en fonction de la plus ou moins grande connaissance ou du plus ou moins grand besoin qu’avaient de ces mots les locuteurs français. En conclusion de la discussion, ce fut là, dans ce dernier point, le critère le plus fonctionnel, la meilleure réponse possible à la question de l’inclusion de mots « régionaux » dans le Robert. Selon mon souvenir, ni Paul Robert, ni Alain Rey ne croyaient que l’appartenance ou non de ces mots au lexique de la langue française était en cause, puisque tous les dictionnaires, à leur avis, qu’ils soient de langue ou de spécialité, ne présentaient qu’un certain échantillon des mots d’usage courant dans une certaine tranche d’usagers, le plus souvent instruits et urbains. Aucun dictionnaire ne pouvait ni n’avait la prétention d’être exhaustif, encore moins « universel » au sens de panfrancophone, idée mise à la mode à cette époque par Alain Guillermou, grand animateur des Biennales de la langue française (Namur, 1965; Québec, 1967; Liège, 1969; Menton, 1971; Moncton, 1977).

Cette première rencontre demeura sans lendemain. Ce n’est qu’au début des années 1970 que nous reprîmes contact. À partir de ce moment, nos relations s’intensifièrent, elles devinrent plus suivies et d’un contenu plus diversifié.

En 1971, Gaston Cholette, nouveau président de l’OLF, m’avait recruté comme directeur linguistique. Le gouvernement libéral de l’époque nous confiait comme principale tâche de faire du français la langue de travail au Québec, sans toutefois négliger le mandat traditionnel de l’OLF depuis sa création, la qualité de la langue parlée, écrite et enseignée au Québec. Depuis la conquête de 1760 et l’industrialisation du Québec par des capitaux britanniques, puis américains, la situation sociolinguistique du monde de l’industrie et du commerce était la suivante : la haute direction était de langue anglaise, le personnel d’exécution majoritairement de langue française et, entre l’un et l’autre, des cadres intermédiaires bilingues servaient de passerelles linguistiques. Les documents de gestion étaient rédigés en langue anglaise dans la très grande majorité des cas, depuis le texte de la convention collective jusqu’aux directives de travail. Tout le vocabulaire technique et administratif était de langue anglaise avec, comme conséquence inévitable, une forte anglicisation de la langue française par contamination soutenue. La situation était sensiblement la même dans le monde du commerce et des affaires, où la langue anglaise était dominante dans l’affichage, l’étiquetage des produits, la rédaction des modes d’emploi, des garantis, des contrats d’adhésion. Renverser une situation aussi bien établie en faveur de la langue française ne serait pas une mince affaire ni du point de vue politique, ni du strict point de vue linguistique. Il fallait d’une part, définir une stratégie de passage de l’anglais au français comme langue de gestion sans compromettre l’activité et la rentabilité des entreprises : Gaston Cholette prit la direction de cette opération; d’autre part, il fallait aider les entreprises à identifier et à utiliser les ressources linguistiques de langue française substituables dans leurs activités aux ressources de langue anglaise et continuer à intervenir pour améliorer la qualité de la langue en usage au Québec : ce serait de ma responsabilité avec mon équipe[1].

Les problèmes linguistiques que nous avions à régler étaient si complexes que nous nous trouvions constamment face à des questions théoriques que nous n’étions pas à même de régler seuls, du moins, par réflexe universitaire sans doute, il me sembla qu’il valait mieux en débattre avec des collègues d’expérience. C’est ainsi que j’organisai presque chaque année, de 1971 à 1977, des colloques-séminaires sur des thèmes bien définis, à partir de nos propres interrogations fondées sur nos travaux. Les premiers tournaient autour de problèmes de théorie et de méthodologie de la terminologie, puisque notre priorité était de rendre disponibles les vocabulaires de spécialités requis pour faire du français la langue de travail, du commerce et des affaires. Il était aussi indispensable de définir une méthodologie commune propre à garantir la qualité des terminologies, autant celles colligées par l’OLF que celles des entreprises, pour mieux favoriser les échanges et ainsi progresser plus rapidement.

C’était l’occasion de reprendre contact avec Alain Rey. Bien que le Robert fût d’abord et avant tout un dictionnaire de langue, il demeurait que les lexiques de spécialité appartenaient au lexique global de la langue. Entre 1973 et 1977, Alain Rey participa à la mise au point de la méthodologie du travail terminologique qu’adopta l’Office pour la conduite de ses propres travaux et qui se diffusa au Québec par son enseignement dans les universités. Les Catalans l’adoptèrent et l’adaptèrent par la suite. Pour Alain Rey, ce fut l’occasion de s’intéresser à ce qu’avait de spécifique cette tranche du lexique, au point d’en faire l’objet d’un « Que sais-je ? » en 1979 sous le titre La Terminologie. Noms et notions. Indication de cette filiation : dans la courte bibliographie de ce « Que sais-je ? », la première référence renvoie aux colloques de terminologie de l’Office.

À l’Office, on garda l’habitude de consulter Alain, habitude qui se maintint bien après que j’eus cessé d’en être le directeur linguistique. Tout particulièrement lorsqu’il s’est agi d’examiner deux questions importantes pour le Québec. La première : quand et pourquoi est-il opportun ou légitime de procéder à un emprunt ? La réponse servirait autant à guider la pratique de l’emprunt qu’à faire le ménage dans la somme astronomique de termes anglais qu’avait absorbés la langue québécoise depuis la conquête. La seconde nous ramenait, Alain Rey et moi, au thème de notre première rencontre, les mots du lexique québécois qui lui sont propres, du moins jusqu’à preuve du contraire. Question relativement plus complexe puisqu’elle implique à la fois de devoir tenir compte de ce qu’il est convenu d’appeler « les niveaux de langue » et qu’elle en sous-entend une autre tout aussi délicate, celle de la norme du français au Québec, question litigieuse encore de nos jours. Nous avions gardé le contact, Alain Rey et moi, et nous en discutions entre nous alors même que les collègues du Québec nous consultaient.

L’Office en vint à adopter deux énoncés de politique, l’un « relatif à l’emprunt des formes linguistiques étrangères » en 1980, le second « relatif aux québécismes » en 1985[2].

Après mon départ de l’Office, le gouvernement du Québec prêta mes services à l’Agence de coopération culturelle et technique où je devins responsable du Centre international de recherche et d’étude en linguistique fondamentale et appliquée (CIRELFA), un organisme au service des pays de la francophonie. Ces activités m’amenaient à séjourner plus souvent à Paris ou à y passer en route vers l’un ou l’autre pays, surtout vers l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. C’était souvent l’occasion de rencontrer les Rey, de poursuivre avec eux nos échanges sur tout et rien.

En particulier, un projet dirigé par l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AU-PELF) nous fournit l’occasion, à Alain Rey et moi, de nous retrouver en Afrique subsaharienne et d’y approfondir nos réflexions sur la variation de la langue française en prenant en compte, cette fois, des pays où la langue française avait été introduite par la colonisation et où elle se superposait à d’autres langues maternelles. En effet, l’AUPELF avait endossé le projet d’un Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire[3], sur la base d’inventaires nationaux déjà entrepris par des collègues français, belges et africains au Bénin, au

Cameroun, en Centrafrique, en Côte d’ivoire, en Haute-Volta, au Mali, au Niger, au Rwanda, au Sénégal, au Tchad, au Togo et au Zaïre. Mme Danièle Racelle-Latin assumait la coordination de la synthèse des inventaires. Au sein de l’équipe des rédacteurs nationaux ainsi réunis, au total vingt-deux personnes, il devint rapidement évident qu’ils devaient se doter d’une grille de critères propres à uniformiser le choix des particularités à retenir comme « africaines », opération qui souleva, on s’en doute bien, de grandes questions de principes. Il était, à l’évidence, nécessaire qu’ils en débattent entre eux et avec des linguistes d’autres pays de la francophonie. L’AUPELF créa donc un comité scientifique et invita à en faire partie, entre autres, Willy Bal, de Belgique, Robert Chaudenson, comme spécialiste des créoles, Maurice Houis, africaniste français, Maurice Piron, de Belgique, Alain Rey, pour sa grande expérience en lexicographie et moi-même, comme porte-parole d’un pays où cette question des particularités lexicales était discutée depuis longtemps, pour ainsi dire depuis l’époque de la Nouvelle-France.

Ainsi, l’un et l’autre, nous avons poursuivi notre propre réflexion sur la question de la variation linguistique, plus particulièrement cette fois, de sa légitimité. Et nous profitions des opinions de nos collègues et de la discussion que soulevait constamment l’opinion des uns et des autres. Il nous arrivait aussi de revenir sur le sujet lorsque nous nous retrouvions à Paris. Josette Rey-Debove y mettait, alors, son grain de sel. Nous avons également enrichi notre réflexion des réactions en Afrique lors de la publication de l’Inventaire en 1983. Elles furent nettement partagées : négatives chez beaucoup au nom du respect intégral du français, y compris du lexique, selon la norme parisienne, souvent pour ne pas encourager une tendance à la créolisation du français déjà en cours dans les couches populaires, moins ou pas du tout scolarisées; plutôt favorables chez les linguistes et chez beaucoup d’autres, pour désigner des réalités typiquement africaines ou parce qu’il est normal que la créativité lexicale se manifeste en Afrique comme partout ailleurs dans la francophonie.

La question débouchait donc, tout naturellement, sur celle de la norme du français dans les pays autres que la France. Le sujet était, et est toujours d’actualité au Québec, quasi selon le même clivage d’opinions qu’en Afrique et les mêmes arguments. En France, le sujet devenait de plus en plus à la mode et l’opinion publique était en évolution constante, là aussi pour les mêmes raisons et suivant la même répartition des intervenants. Alain et moi, nous avons continué à y réfléchir et à participer au débat public, chacun de son côté et ensemble, dans le plus grand respect de nos points de vue et de nos divergences, qui allaient s’atténuant. L’un et l’autre, nous avons participé à un ouvrage collectif qui fut publié en coédition par le Conseil de la langue française du Québec et la maison Le Robert[4]. L’article d’Alain Rey s’intitulait « Norme et dictionnaires (domaine du français) », le mien, « Éléments d’une théorie de la régulation linguistique », début d’une réflexion que je continue de poursuivre pour comprendre le mécanisme social qui préside à la normalisation de tous les comportements sociaux, aussi bien celui de s’habiller que de parler. Je retiens de cet ouvrage deux autres articles particulièrement pertinents, celui signé par Nicole Gueunier, Émile Genouvrier et Abdelhamid Khomsi, « Les Français devant la norme », et celui de Luis Fernando Lara, « Le concept de norme dans la théorie d’Eugenio Coseriu », un précurseur du sujet. Notre collègue Lara avait alors entrepris la rédaction d’un dictionnaire de l’espagnol du Mexique, dont la variation par rapport au castillan était analogue à celle du français au Québec par rapport au français hexagonal, l’une et l’autre à l’ombre de l’autorité morale d’une académie, la Real Academia de Madrid et l’Académie française.

Depuis, le temps a passé. Nous n’avons jamais cessé de nous voir, de nous retrouver invités aux mêmes activités, en France, au Québec, en Catalogne, de poursuivre la réflexion sur ces thèmes de prédilection et sur bien d’autres. Notre amitié s’est approfondie en même temps que nous avons pris de l’âge.

Nous en sommes là.

Notes

La contribution de Josette Rey-Debove et d’Alain Rey à l’aménagement de la langue au Québec

C’est un redoutable honneur, pour moi, que de faire l’éloge de Josette Rey-Debove et d’Alain Rey.

Du moins, est-ce ainsi que je devrais commencer pour me conformer à la convention propre à ce style de discours. Or, cela ne correspond ni à mon sentiment ni à mon état d’âme. Bien au contraire, car je garde un tel sentiment de plaisir et de reconnaissance à leur endroit au souvenir de l’amitié qui s’est nouée entre nous au cours des années où nous nous sommes rencontrés régulièrement, unis par un même intérêt pour la terminologie, la lexicographie et la sociolinguistique, que j’ai retrouvé le bonheur de cette époque en relisant les textes d’Alain et de Josette présentés lors des nombreuses rencontres et publications en terre québécoise.

Je me propose aujourd’hui d’évoquer ce que je retiens de la contribution scientifique de Josette Rey-Debove et d’Alain Rey à la constitution progressive d’une théorie et d’une pratique de l’aménagement de la langue française au Québec, surtout dans les années qui ont précédé et suivi la Loi sur la langue officielle (1974) et la Charte de la langue française (1977). Cette contribution s’est manifestée sous forme d’exposés lors de colloques ou de collaboration à des ouvrages collectifs québécois. Josette Rey-Debove et Alain Rey ont ainsi été étroitement associés aux travaux relatifs à l’aménagement de la langue, conduits au Québec. Ce sont ces textes que j’ai regroupés et relus.

De 1971 à 1977, l’Office de la langue française a organisé une série de colloques annuels, sur des sujets précis, en terminologie et en lexicographie, liés aux problèmes que posait l’exécution de son mandat. Ces colloques, conçus et organisés comme des séminaires, avec exposés suivis de discussion, étaient, en conséquence, réservés à un petit nombre de personnes renommées pour leur connaissance du sujet, venant du Québec, de France, de Belgique, du Luxembourg, parfois d’Autriche ou d’Allemagne. Le thème général de chacune de ces réunions était choisi par l’Office, les sujets de chaque exposé de départ bien délimités et confiés à une personne. L’objectif était à la fois humble et ambitieux : exposer, discuter, préciser les présupposés théoriques d’une pratique de la terminologie et, d’une manière plus globale, de l’aménagement de la langue, qui soulevaient, les uns et l’autre, de nombreuses et difficiles questions. Josette Rey-Debove et Alain Rey ont participé assidûment et activement à ces colloques.

Les traducteurs et terminologues des entreprises étaient aux prisés avec les mêmes questions, d’une manière encore plus pressante puisqu’ils étaient plongés, au jour le jour, dans la mutation linguistique et terminologique provoquée par la généralisation de l’emploi du français comme langue de travail et langue du commerce et des affaires en remplacement de l’anglais, alors très dominant dans ces fonctions. La Société des traducteurs du Québec (la STQ de l’époque, devenue depuis l’OTTIAQ, l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec) a pris l’initiative d’organiser, à l’intention de ses membres, une série de six colloques, entre 1976 et 1985, et d’y associer l’Office, dans le but d’assurer une plus grande uniformité des méthodes de travail en terminologie d’une équipe à l’autre et d’augmenter ainsi la qualité et la fiabilité du travail de ses membres. Ces réunions ont permis d’étendre à ces milieux professionnels les retombées scientifiques et méthodologiques des colloques de l’Office. Alain Rey a participé à la rencontre de 1985.

Des universitaires ont, de leur côté, organisé des rencontres auxquelles Josette Rey-Debove ou Alain Rey ont également participé : en 1982, à l’Université Laval, à l’initiative du regretté Guy Rondeau, sur le thème de la définition et de la synonymie en terminologie; à l’Université de Sherbrooke en 1991, sur les anglicismes, à l’initiative de Pierre Martel et Hélène Cajolet-Laganière.

Enfin, trois ouvrages collectifs ont paru, publiés conjointement par l’Éditeur officiel du Québec et la maison Le Robert grâce à l’intervention d’Alain Rey sur des sujets reliés à la sociolinguistique du Québec : La norme linguistique en 1983, La crise des langues en 1985 et Les langues autochtones du Québec en 1992, ce qui, compte tenu de la renommée et de la large diffusion des ouvrages de la maison Le Robert, représente une importante contribution de la part d’Alain Rey. Un autre collectif auquel ont contribué nos invités a paru chez Niemeyer en 1994 portant le titre de Langues et sociétés en contact, sous la responsabilité éditoriale de Pierre Martel et de Jacques Maurais.

Je m’en suis tenu aux colloques et ouvrages auxquels ont participé soit Josette Rey-Debove, soit Alain Rey, soit tous deux à la fois. J’en ai colligé et relu les textes, au total 14, dont les titres et références figurent en annexe. Quatre textes d’Alain Rey traitent de terminologie, nature et fonction, normalisation; sept, de sujets qui concernent aussi bien la terminologie que la lexicographie (néologie et synonymie, emprunt, rôle de l’illustration dans les lexiques ou dictionnaires); trois textes d’Alain Rey se rapportent à la lexicographie, norme et dictionnaire, variation linguistique.

Ce qui ressort de ces textes, c’est leur grande qualité, le sérieux et le soin avec lequel leurs auteurs les ont préparés, qu’il s’agisse de ceux de nos invités d’aujourd’hui ou ceux des autres collaborateurs à ces réunions et ouvrages. Le Québec a pu, grâce à eux, progresser très rapidement, et avec plus de sûreté et de confiance, dans la constitution d’un corps de principes pour guider son action en matière de langue, en trouvant réponse aux questions qui se posaient, ou en accédant plus promptement à l’information connue et disponible, par exemple celle relative au phénomène de la synonymie, aux diverses typologies des emprunts, à l’inventaire des procédés de création néologique ou au rôle de l’illustration.

Terminologie

En terminologie, un propos d’Alain résume bien le dilemme devant lequel nous nous trouvions tous dans les années 1970. Il vaut mieux, écrit Alain Rey, « être au jour des théories actuelles plutôt que de travailler sans le savoir dans des problématiques issues de théories déjà anciennes, [même si la théorie ne peut pas toujours] répondre aux questions qui sont posées par les praticiens », ou, continue-t-il plus loin, « la pratique terminologique se désintéresse de la terminologie [théorique], ce qui est son droit et ce qui lui permet d’avancer cahin-caha, [en se satisfaisant] de théories hybrides, simplistes, en général archaïsantes » (1977, p. 247 et 249[1]).

Alain Rey a présenté deux communications traitant l’une et l’autre de la nature de la terminologie : en 1975, « Préalable à une définition de la terminologie »; en 1977, « Définition de la terminologie en tant que discipline linguistique autonome : état de la question ». Il s’agissait alors de mieux situer la terminologie, d’une part, par rapport à la lexicographie, d’autre part, à la traduction, et d’en tirer les conséquences sur la procédure de travail. Car, à cette époque, et encore aujourd’hui d’ailleurs, on discutait vivement des mérites et avantages comparés de la terminologie systématique et de la terminologie ponctuelle. « L’objet de la terminologie, pose Alain Rey, ce sont donc les vocabulaires qui sont liés à un domaine organisé ou à un domaine organisable du savoir, défini socialement et correspondant à des pratiques réglées » (ibid., p. 239). De plus, la terminologie implique « un besoin de normalisation [...], de régler un certain nombre de rapports entre les termes dans leur usage, entre les termes et les référents extralinguistiques, entre les termes et leurs utilisateurs » (1977, p. 242). En conséquence de quoi, « il faut faire des vocabulaires systématiques » dans lesquels « les éléments notionnels désignés, c’est-à-dire les termes, ne trouveront leur définition et leur place valable que s’ils sont au préalable situés dans un système notionnel » (ibid., p. 245).

Plus tard, en 1985, en examinant « les fonctions de la terminologie : du social au théorique », il précisera les motifs de ce besoin de normalisation, qui découlent, soutient-il, de trois fonctions distinctes de la terminologie : une fonction socioscientifique —faciliter la dénomination et la circulation des connaissances; une fonction socioéconomique— assurer l’efficacité et la rectitude des échanges économiques; et une fonction sociopolitique —régler les rapports entre les langues et entre les variantes d’une même langue.

On comprend alors mieux pourquoi la terminologie a pris tant d’importance au Québec, surtout dans les premières années de la conception et de l’application d’une politique linguistique. Il s’agissait alors de substituer le français à l’anglais, donc d’opérer une transfusion massive de terminologie française dans l’usage québécois, en lieu et place des termes anglais. Cette transfusion est loin d’être terminée : des termes anglais subsistent toujours, surtout en langue orale et familière; leur statut sociolinguistique est ambigu et leur traitement en lexicographie souvent discuté et discutable.

Néologie et emprunt

Deux sujets concernent aussi bien la terminologie que la lexicographie : la néologie et l’emprunt. En 1974, l’Office organisait un colloque consacré à « l’aménagement de la néologie ». Nous y avions invité, pour en discuter, les lexicographes les plus actifs de l’époque : Claude Dubois, Louis Guilbert, Paul Imbs, Alain Rey et Josette Rey-Debove; les représentants de grands groupes de terminologie : le Haut Comité de la langue française de Paris, le Centre international d’information pour la terminologie, le Bureau de terminologie de la Commission des communautés européennes, le Conseil international de la langue française et l’Association française de normalisation.

L’Office prônait alors un recours plus systématique à la néologie comme contrepoids à la prolifération des emprunts à l’anglais, souvent emprunts de luxe qui manifestaient, au Québec tout au moins, une ignorance réelle des ressources du français, ou la pression de la mode ou d’une trop grande familiarité avec la documentation en langue anglaise. L’Office avait mis en place une petite cellule pour expérimenter une pratique active de la néologie, de sens ou de forme, avec, comme hypothèse, de proposer des dénominations françaises aux emprunts récents de grande diffusion, avant qu’ils ne s’ancrent solidement dans le vocabulaire ou dans les terminologies.

Lors de ce colloque, nous voulions examiner la faisabilité d’un réseau de néologie entre la France, la Belgique de langue française et le Québec. Nous proposions de mettre en commun nos ressources et nos travaux autour de trois fonctions principales : 1. le dépistage des besoins néologiques, de la nouveauté des choses ou des concepts; 2. le traitement et la recherche, c’est-à-dire l’analyse des divers moyens linguistiques de nommer la nouveauté et 3. la diffusion de propositions néologiques, en observant leur accueil et, éventuellement, en normalisant les termes nouveaux.

Nous avions demandé à Alain Rey de traiter la question préalable : Qu’est-ce, au juste, qu’un néologisme? La réponse fut exhaustive et beaucoup plus complexe que nous ne l’avions pensé. Surtout en ce qui a trait à l’examen de la notion même de nouveauté, nouveauté formelle ou sémantique, nouveauté objective ou subjective, aire de manifestation de la nouveauté, soit d’une région à l’autre de la francophonie, soit entre langue de spécialité et langue commune. Dans un exposé postérieur, j’ai retrouvé, clairement formulée, l’impression qui se dégageait de l’exposé : le néologisme « dépend d’un jugement relatif et même subjectif, lié à sa définition même, qui repose non pas sur la nouveauté objective, mais sur un sentiment de la nouveauté » (Rey 1985c, p. 282).

Les discussions à la suite de cet exposé et tout au long du colloque furent très vives. Ce fut, pour l’Office, un cruel retour à la complexité du phénomène de la néologie, la fin d’une certaine naïveté quant à la possibilité d’une intervention dans le processus néologique et à son succès, surtout sous la forme d’une collaboration internationale francophone.

On a invité Josette Rey-Debove à traiter de l’emprunt, sans doute à cause de ses travaux et réflexions en préparation de son Dictionnaire des anglicismes, paru en 1980 dans la collection des Usuels du Robert. Ses remarques sur la perception des mots étrangers, sur la nature et le traitement sociolinguistique et lexicographique de l’anglicisme ont stimulé nos propres réflexions. Elles ont influencé directement la conception et la définition, par l’Office de la langue française, d’un Énoncé d’une politique relative à l’emprunt de formes linguistiques étrangères, arrêté et publié en 1980.

Il n’est pas si facile, remarque d’entrée de jeu Josette Rey-Debove dans sa contribution de 1976, de percevoir qu’un élément (un mot, un sens, une construction, une expression) n’est pas « de langue française ».

On peut penser que l’élément étranger se reconnaît à son expression, sa graphie, sa prononciation. Ces repères ne sont pas si sûrs. Des éléments, d’apparence nettement française, sont en fait étrangers, par exemple emphase au sens de « accent », supporter au sens de « soutenir  », parler à travers son chapeau à la place de parler à tort et à travers. En revanche, des mots d’allure étrangère sont français, intégrés dans le lexique de la langue française depuis parfois fort longtemps, par exemple geyser (1783), iceberg (1819), coqueron (1702), coroner (1672), etc.

D’autant, fait observer Josette Rey-Debove, « qu’aucun locuteur n’est jamais entièrement compétent pour les mots de sa langue. Le lexique est, dans la langue, ce qu’il connaît le moins bien, le domaine d’insécurité où il se sent incompétent » (1976, p. 84). S’il rencontre un terme inconnu de lui, comment savoir si ce terme « inconnu de lui, est ou non un terme connu des autres, si cela relève de sa compétence personnelle, ou si c’est un terme qui échappe au système actuel de la langue » (ibid., p. 84) ? Cette difficulté de juger favorise la circulation de l’emprunt. Pourquoi certains mots seraient-ils à éviter et d’autres pas ? Quelle règle de conduite suivre, surtout quand on est un locuteur spontané, naturel, de la langue, et non un professionnel, un linguiste, un traducteur, un terminologue ou un lexicographe, eux-mêmes pas toujours du même avis ?

Cette insécurité est nettement accentuée dans les pays de contact linguistique, comme au Québec, et ceci pour au moins deux raisons.

D’abord, une certaine familiarité s’établit entre les deux langues qui réduit le sentiment d’étrangeté de l’autre langue et, consciemment ou inconsciemment, le passage d’un mot de l’une à l’autre langue, ou même, rend plus aisé, plus tolérable à la limite, la production de phrases mixtes dont la syntaxe est celle de la langue maternelle et le vocabulaire, celui de l’autre langue.

Ensuite, parce que les deux communautés ont « un si grand nombre de références en commun que, si l’une manque d’un terme, elle accueille d’autant mieux le terme désignant la même réalité dans l’autre langue » (ibid., p. 88). J’ajouterais qu’il arrive souvent que ce soit le terme de l’autre langue qui vienne spontanément à l’esprit.

Ce n’est pas le cas, actuellement en France, où l’ignorance généralisée de l’anglais à la fois protège le français et favorise l’emprunt de snobisme. Le bilinguisme en France, dit Josette Rey, est « un bilinguisme de classe » : c’est par les gens instruits, souvent en position d’autorité mais qui savent plus ou moins bien l’anglais, que l’anglicisme se répand.

En ce qui a trait à la nature de l’emprunt, les observations de Josette Rey-Debove ont beaucoup contribué à définir la position de l’Office durant les années 1970.

Pour les besoins de son dictionnaire et par rapport au concept général d’emprunt, Josette Rey-Debove définit l’anglicisme du point de vue étymologique, par référence à l’histoire du lexique français, pour ainsi distinguer les emprunts à l’anglais des emprunts aux autres langues. « Qu’est-ce donc qu’un anglicisme ? C’est un mot qui appartient à la langue anglaise (d’Angleterre ou d’Amérique) et qui est passé en français, d’abord timidement, [...], par quelques personnes, puis [...] de plus en plus massivement », écrit-elle dans son introduction au Dictionnaire des anglicismes (1980, p. VII).

En se plaçant cette fois du point de vue linguistique, elle pose la double distinction, l’une fondée sur la pertinence de l’emprunt, entre emprunt de nécessité et emprunt de luxe, l’autre sur la forme de l’emprunt, entre emprunt sémantique (les faux amis), emprunt lexical (forme et sens) et calque (traduction littérale d’un mot composé). Ces distinctions, devenues classiques aujourd’hui, étaient moins connues et mal intégrées dans l’analyse du phénomène de l’emprunt à cette époque.

À cause de notre expérience du contact linguistique avec l’anglais, vécu dans la quotidienneté, source d’une véritable colonisation —pollution dirait-on aujourd’hui— du lexique de la langue française par celui de l’anglais, les Québécois étaient, et sont toujours, très sensibles à l’aspect sociolinguistique de l’emprunt. Nous avions besoin, et nous avons encore besoin, d’établir une distinction entre emprunt et anglicisme pour, d’une part, juger chaque cas d’emprunt selon le critère de la légitimité, et, d’autre part, distinguer des autres les emprunts intégrés au lexique, du Québec ou de France, à la suite d’un processus d’assimilation.

Ces deux manières de considérer l’emprunt coexistent encore aujourd’hui. Les opinions s’affrontent toujours, partagées entre l’aspect historique, sous couvert d’enrichissement du lexique, et l’aspect sociolinguistique, par crainte d’une prolifération des emprunts, sur fond d’analyse statistique, c’est-à-dire du nombre et de la fréquence des mots anglais dans l’actualité du lexique et des terminologies. Le plus souvent, l’expérience réelle et plus ou moins intense du contact linguistique et la manière de percevoir ou d’évaluer ses conséquences à long terme transforment en dialogue de sourds la confrontation des opinions.

Lexicographie

On a souvent tendance à distinguer dictionnaire descriptif et dictionnaire normatif comme s’il y avait opposition entre ces deux objectifs de l’analyse du lexique d’une langue. Josette Rey-Debove et Alain Rey y voient au contraire une complémentarité découlant de la nature même du dictionnaire et de la manière dont il s’élabore. « Tout dictionnaire de langue qui se veut uniquement descriptif exerce néanmoins un choix normatif par rapport au corpus », pose au départ Josette Rey-Debove en introduction à son exposé sur le traitement des anglicismes par les dictionnaires Le Robert (1991, p. 285). Elle rejoint ainsi les prises de position d’Alain Rey : « En effet, le dictionnaire, qu’il soit libéral ou puriste, n’échappe pas à la norme » (Rey 1983, p. 553).

Cette connivence entre description et norme découle, selon Alain Rey, en premier lieu de la manière d’observer et de décrire le lexique. « Tout dictionnaire, écrit-il, puise dans la pluralité d’usages et prétend fournir une image de la “langue”; en fait, il construit une proposition d’usage fondée sur une hiérarchie » (ibid., p. 546). Il précise plus tard : le dictionnaire « est une construction, une tentative pour proposer une description normée, équilibrée d’une réalité dynamique et extrêmement complexe » (1985c, p. 280) qu’est le lexique d’une langue à travers les usages multiples de ses nombreux utilisateurs.

Elle découle ensuite du fait qu’un dictionnaire est l’œuvre d’un auteur, assisté de rédacteurs. Que ces personnes travaillent ou non à partir d’un corpus, leur analyse du lexique employé par les locuteurs dans la réalité des échanges linguistiques est directement influencée par leur compétence personnelle, « compétence sociologique modulée par l’histoire individuelle à l’intérieur de l’histoire collective, par les attitudes personnelles à l’intérieur de modèles idéologiques et socioculturels » agissant au sein de la société (1983, p. 547).

Enfin, le public attribue au dictionnaire une fonction de guide du bon usage de la langue.

Comme le manuel, le dictionnaire —et pas seulement le dictionnaire— est voué au didactisme, c’est-à-dire à la « reproduction » socioculturelle d’un savoir, à la diffusion d’attitudes et de jugements acquis. [...] Alors mbne que ses auteurs peuvent n’avoir souci que de description objective, le dictionnaire a des destinataires, pour lesquels cette description —didactiquement transmise— est la norme, la vérité. Ceci donne une signification différente, toujours dans le sens normatif, au texte lexicographique (ibid., 1983, p. 366).

Tout dictionnaire est donc un objet social et commercial dont le succès dépend de l’interaction entre la politique normative et rédactionnelle de ses auteurs et les attentes du public acheteur. Au Québec, cette interaction est très délicate, parce que le français y assume une double fonction : une fonction identitaire —refléter la norme sociale de la langue et du lexique québécois; et une fonction d’appartenance à la langue et à la culture de langue française, en partage avec la France et tous les pays francophones ou francophiles. Le public s’attend à ce qu’un dictionnaire québécois guide son usage de la langue française en fonction de ces deux aspirations fondamentales. Le défi est de taille.

Ces quelques remarques évoquent bien le niveau, le sérieux et la qualité des communications et discussions lors des colloques.

Mais, il y a plus. Ces rencontres se tenaient le plus souvent à la campagne, souvent en automne dans le rougeoiement de la forêt québécoise, dans un lieu où chacun logeait, partageant repas et loisirs durant trois jours. Ce fut, pour nous tous, l’occasion de découvrir la simplicité, la disponibilité, la générosité, la bonne humeur et l’humour de Josette et d’Alain Rey. À l’admiration que nous avions déjà pour leurs travaux s’est ajouté le plaisir de les connaître et d’apprécier la grande qualité de leur humanité et de leur humanisme. Des amitiés se sont ainsi nouées au fil des rencontres.

Pour tout, nous voulons aujourd’hui les remercier, leur dire notre reconnaissance, le souvenir heureux que nous gardons d’eux et des moments vécus ensemble.

Merci, Josette, merci, Alain, pour ce que vous êtes.

Note

Annexe – Exposés lors de colloques ou articles dans des ouvrages collectifs

Alain Rey

1974

« Essai de définition du concept de néologie », dans L’aménagement de la néologie : actes du Colloque international de terminologie, Lévis, Québec, du 29 septembre au 2 octobre 1974, actes colligés par Henriette Dupuis, Office de la langue française, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1975, 214 p.

1975

« Préalable à une définition de la terminologie », dans Essai de définition de la terminologie : actes du Colloque international de terminologie, Québec, Manoir du Lac Delage, du 5 au 8 octobre 1975, actes colligés par Henriette Dupuis, Régie de la langue française, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1976, 209 p.

1976

« La normalisation linguistique dans la perspective des nouvelles dispositions législatives », dans Les implications linguistiques de l’intervention juridique de l’État dans le domaine de la langue : actes du Colloque international de sociolinguistique, Lac Delage, Québec, du 3 au 6 octobre 1976, actes colligés par Françoise Hudon, Office de la langue française, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1978, 204 p.

1977

« Définition de la terminologie en tant que discipline linguistique autonome : état de la question », dans Actes du sixième Colloque international de terminologie, Pointe-au-Pic, Québec, du 2 au y octobre 1977, actes préparés par Rosita Harvey et Lise Lebel-Harou, en collaboration avec Rolande Poulin et autres, Office de la langue française, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1979, 753 p.

1982

«  Synonymie, néonymie et normalisation terminologique », dans Problèmes de la définition et de la synonymie en terminologie : actes du Colloque international de terminologie, Université Laval, Québec, 23-27 mai 1982, organisé par le GIRSTERM, Québec, GIRSTERM, 1983, 551 p.

1983

« Norme et dictionnaire (domaine du français) », dans La norme linguistique, textes colligés par Édith Bédard et Jacques Maurais, Québec, Conseil de la langue française, Paris, Le Robert, coll. « L’ordre des mots », 1983, 850 p.

1985a

« Les fonctions de la terminologie : du social au théorique », dans L’ère nouvelle de la terminologie : actes du sixième Colloque OLF-STQ de terminologie, Montréal du 27 au 29 novembre 1985, actes colligés par Jean-Claude Gaumont et autres, Office de la langue française et la Société des traducteurs du Québec, Montréal, Office de la langue française, 1988, 328 p.

1985b

« La variation linguistique dans l’espace et les dictionnaires », dans La lexicographie québécoise, bilan et perspectives, actes du colloque organisé par l’équipe du Trésor de la langue française au Québec et tenu à l’Université Laval les 11 et 12 avril 1985, publiés par L. Boisvert, C. Poirier et C. Verreault, Québec, Presses de l’Université Laval, 1986, 308 p.

1985c

« Dictionnaire et néologie », dans Actes du colloque Terminologie et technologies nouvelles, Québec, Office de la langue française, 1988, 383 p.

1994

« À la recherche de la norme : un dictionnaire québécois », dans Langues et Sociétés en contact, Mélanges offerts à Jean-Claude Corbeil, sous la direction de Pierre Martel et de Jacques Maurais, vol. 8, Tübingen, Niemeyer, coll. « Canadiana Romanica », 1994, 582 p.

Josette Rey-Debove

1976

« L’emprunt lexical prohibé », dans Les implications linguistiques de l’intervention juridique de l’État dans le domaine de la langue : actes du Colloque international de sociolinguistique, Lac Delage, Québec, du 3 au 6 octobre 1976, actes colligés par Françoise Hudon, Office de la langue française, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1978, 204 p.

1977

« Comportements des langues romanes face à l’emprunt anglo-saxon en terminologie », dans Actes du sixième Colloque international de terminologie, Pointe-au-Pic, Québec, du 2 au 7 octobre 1977, actes préparés par Rosita Harvey et Lise Lebel-Harou, en collab. avec Rolande Poulin et autres, Office de la langue française, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1979, 753 p.

1991

« La francisation de l’emprunt. Application aux anglicismes », dans Actes du Colloque sur les anglicismes et leur traitement lexicographique : communications, discussions et synthèses, Magog, du 24 au 27 septembre 1991, actes colligés par Pierre Martel et Hélène Cajolet-Laganière avec la collab. de Linda Pépin, Montréal, Office de la langue française, coll. « Études, recherches et documentation », 1994, 382 p.

1994

« Le lexique et l’image », dans Langues et Sociétés en contact, Mélanges offerts à Jean-Claude Corbeil, sous la direction de Pierre Martel et de Jacques Maurais, vol. 8, Tübingen, Niemeyer, coll. « Canadiana Románica », 1994, 582 p.